Publier le brouillon

Pourquoi publier en Brouillon ?

Une mise en ligne de l’évolution du site, des rubriques et des articles en temps réel, telle est la démarche.

Il vous est sans doute déjà arrivé de vous arréter derrière un peintre aquarelliste au coin d’une rue de village pour suivre la progression du tableau. C’est une autre manière de le découvrir au fur et à mesure plutôt que de le voir une fois terminé.

Le hasard des idées qui sont directement mises à la lecture a quelque chose de similaire, images brutes d’un moment de pensée, avec tous les risques, les surprises et les remises en question que cela peut comporter. Loin d’être un joli tableau, une « esthétique » des contenus n’est donc pas prioritaire.

Il faut dire aussi que le temps disponible pour la rédaction du site ne m’autorise pas raisonnablement à paufiner quoique ce soit (sous peine de publier un article bien tourné tous les 50 ans environ).

Cependant, la matière devant peser un certain contenu même quand il s’agit de plaisanter, les articles incomplets contiendront des liens éventuels qui seront commentés ou présentés plus tard.

Il s’agit donc bien d’un Brouillon avec son rythme propre par choix délibéré, progression du « peintre » , par lequel ce site évolue au fil du temps.

Prrrofondeurs du brouillon

Le brouillon est aussi comme une alchimie, Il est difficile de donner à lire quelque chose d’incomplet, en général on attend que le texte soit au point pour publier un article en ligne mais l’écriture sur un site est aussi un moyen de faire transpirer des émotions hors de soi.

Je ne sais pas écrire, j’ai souvent besoin de le faire et cette dimension de le mettre en ligne rajoute à ce désir. C’est très étrange que sur le papier il semble me manquer quelque chose.
Bien souvent, quand j’ai une idée à conserver je l’écrit sur le bout de papier et si j’ai besoin de le développer un peu plus, je le fais alors plus tard à l’aide du clavier de l’ordinateur (sans doute l’aurais-je fait sur une machine à écrire 20 ans plus tôt), comme si le fait de remplacer des mots par d’autres sur des touches nourrissait le contenu au fur et à mesure.
Cette machine idiote serait-elle une boule de cristal pour l’écriture ?

Étrange encore, le fait d’écrire du futile me semble insupportablement « nul », mais le noter en vrac spontanément et l’arranger par la suite  débouche souvent sur quelque chose d’intéressant.
(Je note l’emploi fréquent du mot « quelque chose »).

Il peut y avoir une souffrance de constater que ce que l’on a écris est obsolète ou remis en question par d’autres lignes, mais on veut tout de même le garder, ne pas le rendre ni le perdre, un attachement à ce morceaux de pensée que l’on s’est approprié à un moment donné.
On a du mal d’extraire ce fossile du rocher pour y incruster un autre « événement » surgit d’un nouveau coeur même s’il n’est vieux que d’un seul jour.

Sans doute ce texte va-t-il remplacer en partie celui de l’article « Le brouillon », tout au moins celle ou je fais allusion au peintre.
J’aime bien cet exemple du peintre, mais il me paraît un peu faiblard maintenant, en comparaison avec le ressentit.

Les fautes d’accents aussi me gènent. Une espèce de perfectionnisme dans l’orthographe qui rend la frappe laborieuse et pollue même la chose à écrire au point de choisir un autre mot que le premier sorti. Les accents sont pour moi un réel problème à cause du doute.
Qu’elle importance pourtant ? Parfois donc j’utilise le module Texte d’OpenOffice pour faire les corrections d’accents à l’envers et ça soulage bien pour avoir les idées plus spontanées car hésiter sur l’accent m’agace et fait perdre beaucoup de temps.
Par contre je préfére le bloc note sans les menus et l’encadrement du traitement de texte.

Une étrangeté supplémentaire :
Je me relis en ligne et j’ai l’impression que c’est le site de quelqu’un d’autre avec lequel je suis en accord ou non, c’est ce qui déclenche le désir de conserver ou modifier ce qui est écrit.
A la limite, si j’en étais le seul lecteur, celà me conviendrait complètement, mais j’ai le besoin qu’il soit extérieur à moi et que je sois obligé de l’appeler, contrairement à ce que seraient de simples fichiers ouverts et lus, résidants dans ma machine. Ce Moi qui partirait se ballader dans le monde par le truchement des fils électriques du réseau téléphonique et que je voudrais interroger constamment en l’attirant dans la cage de l’ordinateur pour lui prodiguer quelques soins avant de le relâcher à nouveau dans la nature.

Une autre chose étonnante aussi. Vouloir écrire en esperanto alors que l’on est, à première vue, le plus à l’aise dans sa propre langue maternelle.

Plusieurs causes apparaissent :

- Langue universelle, de la largeur du monde, elle permettrait à des inconnus lointains de découvrir les aspects de ma pensée.
- Elle permet d’écrire ce que je n’ose ou ne préfére pas montrer à ceux que je croise dans la vie publique et si certains d’entre eux connaissent la langue, cette sorte de fraternité dans le langage fait sauter la barrière de mes pudeurs.
- C’est un moyen d’expression autant que de communication. C’est une langue dans laquelle on crée à chaque instant et qui autorise les audaces les plus folles mais qui pourtant restera claire pour tous, ce miracle qui m’a séduit tout de suite.
Je suis enthousiasmé quand je lis une revue chinoise par exemple, et c’est l’âme de la chine qui me touche. En tout cas même si ce n’est qu’une impression, elle a le pouvoir d’apporter une émotion très spéciale qui pénètre en profondeur. La pensée du chinois est très bien transmise par sa manière de construire et agencer ses mots et la compréhension en est aussi très claire.